Oui, car toutes les organisations seront touchées en cas d’épidémie importante. Les experts prévoient en effet un taux d’absentéisme élevé, situé, selon la gravité de l’épidémie et la puissance de la contagion des virus, entre 20 et 40 % des effectifs. Outre l’absentéisme accru, il faut prévoir l’indisponibilité du personnel dont la présence est nécessaire à la bonne marche de votre structure et vos activités, la dégradation de services indispensables au fonctionnement de votre collectivité/établissement (transports par exemple), les difficultés d’approvisionnement, les interruptions de liaisons nationales et internationales, les restrictions concernant la distribution des courriers, etc.
Le plan national s’inscrit dans le prolongement du plan de l’OMS en adaptant les mesures au niveau français.
Description des phases du plan OMS et des phases du plan français correspondantes :
(Ces phases sont calquées sur la progression des épidémies dans chaque pays et comportent des mesures spécifiques pour chaque phase, modulables selon le degré de contagiosité et la gravité de la maladie engendrée.)
Phase 5 (OMS) : extension géographique de la transmission interhumaine
du virus : cette phase est large, puisqu’elle s’étend du début du risque épidémique (quelques cas à quelques dizaines de cas) jusqu’à une épidémie avérée. L’OMS déclenche la phase 5 dès qu’il existe « une propagation interhumaine du virus dans au moins deux pays d’une région de l’OMS ».
Dans la classification française, la phase 5A correspond à la situation décrite ci-dessus, mais observée dans un pays étranger. La phase 5B correspond à une extension des transmissions interhumaines du virus sur le sol national.
Phase 6 (OMS et France) : phase de pandémie mondiale.
L’OMS déclenche la phase 6 dès qu’il existe "une augmentation importante de cas de transmission d’homme à homme au sein de plusieurs groupes de populations dans plusieurs régions du monde".
Dans le cadre d’actions gouvernementales en France, les mesures suivantes peuvent être prises en fonction de la contagiosité et de la gravité de la maladie.
a- Gestion de la crise par les Ministères compétents (Santé et Intérieur) ou par la Cellule Interministérielle de Crise en fonction des phases.
b- Limitation ou restriction des liaisons humaines soit entre pays (contaminés et non contaminés), soit entre zones de foyers d’épidémie et zones indemnes à l’intérieur d’un même pays.
c- Mesures générales de freinage de l’extension de la maladie à l’intérieur
du territoire, pouvant aller jusqu’à la limitation ou la suspension d’activités collectives, des transports en commun, ou la restriction des activités professionnelles non essentielles.
d- Mesures sanitaires de prévention adaptées aux risques des populations.
e- Mise en place de stratégies thérapeutiques spécifiques et adaptées, adaptation du système de santé à la situation pandémique.
Les mesures b et c, et dans une moindre mesure la mesure d, impactent directement les organisations.
Les collectivités et établissements de santé peuvent se référer à la fiche G.1 du plan national « Recommandations aux entreprises et aux administrations pour la continuité des activités économiques et des services publics et la prévention sanitaire en période de pandémie » : => voir le plan de prévention dans les « Documents de référence » sur ce site.
Apparition d’une fièvre soudaine à 38°C ou plus, accompagnée d’un ou plusieurs des symptômes suivants :
- toux et/ou gêne respiratoire, écoulement nasal, mal de gorge,
- douleurs musculaires et/ou articulaires,
- maux de tête,
- frissons, fatigue.
Rappel sur la contagiosité : la durée de survie des virus à l’air libre (sur le corps ou sur les poignées de porte, tables, etc.) peut être de plusieurs heures.
Il existe deux types de masques très différents : les masques anti-projection de type chirurgical et les masques filtrants type FFP2.
L’efficacité des masques dépend beaucoup de leurs conditions d’utilisation.
Le masque doit être ajusté sur le visage, sans qu’il n’y ait de fuite. Il convient de se laver les mains avant de le mettre.
Il ne faut pas le manipuler avec les mains lorsqu’il est en place, car il y a un risque de contamination de celui-ci et des mains.
Une fois utilisé, il faut l’ôter en le touchant le moins possible avec les mains, le jeter dans un sac plastique et se laver les mains.
Ne pas remettre un masque déjà porté. La durée de port conseillée des masques, quel qu’en soit le type, est de 4 heures.
Il est conseillé de prendre contact avec votre fournisseur afin qu’il évalue la performance de ces masques.
La collectivité/établissement doit déléguer à une personne et une suppléante, en priorité des secouristes s’il y en a, la mission de prendre en charge les salariés se sentant malades sur le lieu de travail. Cette personne devra être formée à appliquer une procédure stricte (faire appel au médecin du travail) :
Si vous n’avez pas le temps de consulter un médecin du travail dans des délais très courts, il faudra faire appel à un médecin traitant.
L’aide du médecin du travail est précisée dans l’annexe 13 de la Circulaire DGT du 18 décembre 2007 : « Le médecin du travail doit jouer un rôle déterminant d’accompagnement des organisations ».
Il pourra intervenir notamment dans les actions suivantes :
- aide à l’information et sensibilisation du personnel ;
- conseils à la collectivité/établissement sur les différents types d’équipements de protection individuelle à se procurer et conseils pratiques d’utilisation destinés aux salariés ;
- aide à l’établissement de documents destinés à être affichés dans la collectivité/établissement (détail des mesures renforcées d’hygiène).
D’une manière générale, il peut être associé, en tant que de besoin et particulièrement pour les aspects signalés ci-dessus, à l’élaboration du plan de continuité de la collectivité/établissement.
L’annexe 13 précise par ailleurs que le médecin du travail pourra être appelé :
- à déterminer l’aptitude des salariés remplaçant les titulaires habituels des postes ;
- à évaluer l’aptitude au port des équipements de protection individuelle ;
- à participer à la formation des agents au port de ces équipements.
Il devra « participer à la veille en détectant des cas possibles d’infection » et participer à d’éventuelles campagnes de vaccination.
En fonction de la gravité de la crise, le ministère du Travail précise qu’il sera, peut-être, appelé à collaborer au dépistage de masse et aux traitements.
Au-delà de l’information diffusée sur notre site, les ingénieurs hygiène et sécurité Dexia Sofcap – Dexia Sofcah sont à votre disposition pour répondre aux questions que vous pouvez vous poser au sujet de la grippe A(H1N1) et peuvent vous donner des conseils pour l’élaboration et la mise en place de votre plan de continuité d’activité.